Roadtrip en Norvège en van : 3 semaines de la France aux Lofoten

Cet été le mot roadtrip a pris tout son sens. Partis de France à bord de notre van, nous avons traversé la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark pour prendre enfin un ferry. Destination la Norvège !

Pourquoi la Norvège ? Pour sa nature préservée, ses fjords, ses neiges éternelles, le soleil de minuit, ses routes toutes plus belles les unes que les autres. C’était la deuxième fois que nous partions en Norvège en van en famille. Mais cette fois-ci avec un objectif ambitieux : partir de France et rouler jusqu’aux iles Lofoten soit un roadtrip de près de 7000 kilomètres !

La Norvège en famille : camping-car, van ou tente ?

La Norvège c’est le paradis en Europe pour les amateurs de camping. Nous n’avons jamais autant croisé de camping-car, fourgons aménagés, tentes de toit, vans… Et pour cause ! Il est autorisé de camper partout en toute légalité ! Dans la réalité, en camping sauvage nous n’avons croisé que des vans, des tentes de toit et quelques courageux norvégiens en tentes.

Ce n’est pas seulement parce que nous en possédons un mais le van c’est vraiment le véhicule que je vous recommande pour expérimenter le camping sauvage en famille en Norvège ! Le van est discret, il se fond dans la Nature, il permet d’accéder à des lieux inaccessibles aux campings-cars, sur des chemins non carrossables ou trop étroits. Et parce qu’en Norvège la météo peut être capricieuse, il offre la possibilité de se mettre à l’abri sans souffrir du froid ou de l’humidité d’une simple tente.

Si vous n’avez jamais expérimenté la vie en van, surtout avec vos enfants, je vous recommande de louer ce type de véhicule sur un long week-end pour en apprécier ou non la vie à bord. Le van, vous aimez ou vous détestez. Nous, on n’y voit aucun défaut. Liberté sur la route, vous allez où vous voulez. Retour à plus de simplicité. Ni salle de bain, ni toilettes. On se lave dans un fjord ou un lac glaciaire et on se rend compte que c’est possible de se passer d’une douche tous les jours ! Et surtout, on se réveille tous les jours dans des spots tous plus dingues les uns que les autres !

La Norvège : comment trouver des spots de campings sauvages ?

Le camping sauvage en toute légalité c’est clairement l’attrait énorme de la Norvège ! Nous avons dormi au bord d’un lac, en haut d’une montagne, au beau milieu d’un parc national… Rares sont les endroits où le camping sauvage n’est pas autorisé en Norvège.

Comment est-ce possible chez eux et pas chez nous ? D’abord parce qu’il n’y a que 14 habitants/kilomètres2 et que ça offre donc de l’espace pour tous. Et ensuite parce que le norvégien est respectueux de la Nature. Vous ne verrez donc aucun déchet (norvégien) au bord des routes ou sur les spots de camping sauvages, donc aucune gêne pour personne, donc pas d’interdiction !

Pour trouver nos spots pour la nuit, nous n’avions que 2 exigences, mais pas des moindres. D’abord avec un point d’eau pour pouvoir nous laver : lac, fjord, rivière… Puis éloigné de la route. Il y a en effet pléthore de petits parkings le long des routes, souvent choisis par les campings caristes mais ce n’est pas l’idée du camping sauvage que nous avons. Nous recherchions des spots plus intimes, plus discrets.

Nos techniques de recherches de spots de campings sauvages

Nous avions 3 techniques pour trouver des lieux de campement pour la nuit :

  • Par hasard, en arrivant en fin de journée dans un coin sympa qui donnait envie d’y rester pour la nuit. La règle à respecter en Norvège est d’être suffisamment éloigné des habitations (150 mètres).
  • En cherchant sur une carte, quand venait l’heure de se poser et que nous n’avions pas de spot pour la nuit. Nous ouvrions Google Maps en version satellite et étudions les zones au bord des fjords ou des lacs où nous pouvions peut-être garer le van à proximité.
  • Enfin en utilisant l’application Park4night qui recense tous les lieux de campings, bivouacs, parkings, remplissage de l’eau potable et vidange des eaux usées… Même si c’est une application en ligne et donc accessible à plus de monde, vous trouverez toujours des endroits où vous serez seuls au monde. Les campings caristes restent plutôt coincés dans les campings ou sur le bord des routes. Vous avez le reste de la Norvège pour vous.

3 semaines en Norvège : notre itinéraire jusqu’aux iles Lofoten

C’était notre deuxième roadtrip en Norvège mais impossible de se lasser des paysages. Nous avons portés notre choix sur cette destination pour utiliser notre van en mode camping sauvage à 100%. Nous sommes ainsi retournés avec plaisir sur les traces de certaines de nos étapes. Mais nous en avons aussi zappées d’autres (notamment citadines) et avons surtout découverts d’autres lieux.

Voilà notre itinéraire de 3 semaines en Norvège en van, volontairement bien chargé car notre objectif était d’atteindre les iles Lofoten et que nous sommes de grands habitués des roadtrips depuis 20 ans. Nous avons ainsi découpé notre roadtrip en 3 grandes étapes d’une semaine de route chacune : de la France à la route de l’Atlantique, puis jusqu’aux iles Lofoten et ensuite la redescente vers la France.

1ère semaine : de la France à la route de l’Atlantique (2000 kilomètres)

La Norvège n’est pas une destination impossible au départ de la France. Mais c’est forcément plus facile au départ de Lille comme nous. Il n’y a que 1200 kilomètres du Nord de la France au Nord du Danemark où vous prenez un ferry à Hirtshals pour Kristiansand en Norvège. Ensuite le nombre de kilomètres parcourus dépendra de votre itinéraire.

Cette 1ère partie de notre roadtrip norvégien de 800 kilomètres jusqu’à la route de l’Atlantique est un classique pour découvrir la Norvège et découvrir ses incontournables : fjords, églises en bois debout datant du Moyen-Age, petits villages typiques, neiges éternelles.. C’est l’itinéraire de base que je vous recommande pour passer 2 ou 3 semaines en Norvège !

De kristiansand à Undredal (8 heures sur 2 jours – 500 kilomètres)

L’objectif à la sortie du ferry à Kristiansand est de rejoindre le petit village d’Undredal à 500 kilomètres. Nous faisons étape pour la nuit à mi-chemin, à proximité d’Edland, au bord du lac de Godtholstjønn. Le paysage est superbe, brut, minéral avec quelques névés encore présent début juillet. Notre spot est accessible par un chemin non carrossable.

Le lendemain nous faisons une halte pour visiter l’église en bois debout de Roldal puis la cascade de Låtefossen avant d’arriver pour la nuit à Undredal. Nous choisissons de dormir dans le minuscule camping du village car il est impossible de trouver une place pour se garer à bonne distance des habitations et le camping a vraiment un emplacement idéal au bord du fjord.

De Undredal à Fjaerland ( 4 heures – 200 kilomètres)

Nous profitons de la matinée à Undredal pour nous baigner dans le fjord avant de reprendre la route. Puis nous choisissons de passer par la route des neiges : l’Aurlandsfjellet plutôt que par le tunnel de Laerdal, le plus long du monde. Soit 24,5 kilomètres, impressionnant la 1ère fois que nous l’avons pris mais monotone. Nous passons par le Stegastein, un point de vue spectaculaire sur l’Aurlandsfjord avant l’ascension vers les sommets enneigés. La route est sinueuse, les paysages splendides. Nous croisons beaucoup de moutons qui font le bonheur des enfants.

Nous faisons ensuite un petit détour vers l’église en bois debout de Borgund et la petite balade vers Vindhellavegen, une ancienne route abandonnée. Puis nous rejoignons pour la nuit Fjaerland, un de mes fjords préférés.

De Fjaerland à Geiranger ( 3 heures – 180 kilomètres)

Nous faisons un petit tour dans le village de Fjaerland, réputé pour ses bouquinistes.

Puis nous poursuivons notre route. Nous faisons une halte à quelques kilomètres pour admirer Bøyabreen, l’un des bras du glacier Jostedalsbreen, le plus grand glacier d’Europe continentale.

Nous décidons de dormir peu avant Geirangerfjord. L’un de nos spots les plus fous, au bord d’un lac glaciaire situé à 1000 mètres d’altitude, à Djupvatnet.

De Geiranger à la route de l’Atlantique ( 3 heures 30 – 150 kilomètres)

Nous ne nous arrêtons pas à Geiranger, mais admirons la vue depuis le point de vue de Flydalsjuvet. Cette année, pandémie oblige, il n’y a pas un seul bateau de croisière sur ce fjord classé au patrimoine mondial de l’Unesco et très touristique.

Nous poursuivons notre chemin vers la route des trolls : Trollstigen avant d’arriver route de l’Atlantique.

Ce sont donc près de 2000 kilomètres parcourus en 1 semaine. Nous avons volontairement zappé Bergen et passé moins de temps sur certaines étapes déjà visités lors de notre 1er voyage.

2ème semaine : de la route de l’Atlantique aux iles Lofoten ( 1400 kilomètres)

Nous entamons la 2ème partie de ce roadtrip. Objectif : rejoindre Bodø en 2-3 jours (soit 900 kilomètres) pour prendre le ferry pour les Lofoten.

De kristiansund à Bodø/Moskenes

Cette partie du roadtrip nous ait plus inconnue, je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur internet sur les lieux sympas entre Kristiansund, Trondheim ou Bodø et je comprends mieux : beaucoup de voies rapides, moins de reliefs, moins de parcs nationaux, beaucoup de villes, moins de charme si on reste sur la route principale…

Pour trouver des spots pour manger ou dormir nous devons sortir de l’E6 et parcourir quelques kilomètres dans les terres et retrouver une nature plus sauvage.

Nous arrivons à Bodø et prenons le ferry pour Moskenes au Sud des îles Lofoten. La traversée dure 3h15 et il faut avoir le coeur bien accroché ! Heureusement le retour se fera par la route.

Les îles Lofoten : de Moskenes à Narvik

Nous voilà arrivés dans les célèbres îles Lofoten, à peine 10 jours après notre départ de France, soit près de 3000 kilomètres parcourus. Aux Lofoten il est plus compliqué de faire du camping sauvage, surtout d’après nos critères. Nous nous rabattons sur le camping classique et en profitons pour faire une bonne lessive. Nous vous recommandons le Lofoten Beach camp à Ramberg qui permet de rayonner et visiter facilement le Sud des Lofoten.

Aux îles Lofoten nous avons adoré nous promener dans le village de Å, admirer les superbes cabanes rouges sur pilotis de Reine, déguster les kanelsnurrer de la Bakeri de Nusfjord. Sans oublier la soupe de poissons et le saumon fumé de chez Anita’s Sjømat et le « coucher de soleil » à minuit. La partie Sud des îles est clairement la plus belle, la plus abrupte, la plus typique des Lofoten. Nous y passerons 4 jours pleins sans faire trop de kilomètres.

Il est maintenant temps d’entamer la redescente vers la France. Pas moins de 3000 kilomètres, soit 35 heures de voyage cumulés que nous prévoyons de faire sur une petite semaine.

3ème semaine : de Narvik à la France (3000 kilomètres)

Nous savions que cette dernière partie de l’itinéraire était plus facile en terme de route. Plus de voies rapides, moins de virages, peu de fjords à contourner ou à traverser. Nous avons cependant pris le temps de savourer cette dernière semaine en Norvège. Nous avons campé dans des lieux dingues, seuls au monde. Gros coup de coeur pour la baie de Korsnes en forme de queue de baleine et pour ce pique-nique au refuge de Snøhetta que nous avons retrouvé avec plaisir. Et puis pour ce spot en pleine montagne aux abords du parc de Rondane et pour l’église en bois debout d’Heddal.

Informations pratiques :

Je vous conseille de lire l’article sur notre roadtrip précédent qui est toujours d’actualité. Je préciserai simplement quelques points.

Météo et soleil de minuit

L’une des particularités d’un roadtrip au mois de juillet en Norvège est de pourvoir profiter et admirer le soleil de Minuit. Ces photos ont été prises aux iles Lofoten, à minuit passé ! Le soleil ne se couche au final jamais et la vie continue comme en plein jour. Les Norvégiens partent randonner, se baignent, mangent, font du cheval à toute heure du jour et de… la nuit !

Les ferrys et bacs

Nous avions réservé notre ferry entre le Danemark et la Norvège sur la compagnie Fjordline. La traversée dure 2h15 sur leur nouveau ferry catamaran.

Pour les ferrys/bacs traversants les fjords il n’y a aucune réservation possible ni même nécessaire. Il suffit juste se placer dans la file d’attente. Les rotations et les temps de traversée sont rapides.

Par contre il convient d’enregistrer son véhicule avant l’arrivée en Norvège car le paiement des passages en bacs, de certains tunnels, ponts et portions de routes se fait maintenant automatiquement en ligne. Pour le ferry entre Bodø et Moskenes nous avions pris le risque de ne pas réserver. Nous sommes arrivés 1h avant le départ et sommes passés tout juste dans les derniers sans réservation. En plein mois d’aout et sans période Covid la réservation me semble indispensable.

Le prix du carburant

Depuis notre dernier voyage en Norvège, le prix du Diesel n’est plus si différent qu’en France. Nous avons vu des tarifs entre 1,40 et 1,70 euros le litre. La vitesse sur les routes limitée à 80 kilomètres/heure permet aussi de faire plus de kilomètres avec un plein.

L’alimentation

Nous avons repris nos bonnes habitudes et retrouvé avec plaisir les pains norvégiens et tartinades que nous avions l’habitude d’acheter. C’était nos repas un midi/2 !

Nous avions emmené un peu plus de stock de nourriture que la 1ère fois mais surtout quelques bières (3 euros LA bière minimum en Norvège). Selon la place que vous avez, je vous conseille de privilégier l’import des boissons sucrées, alcoolisées et des gâteaux apéritifs. C’est ce qui revient le plus cher ici.

Si vous aimez le fromage, emmenez quelques morceaux aussi. En Norvège, le fromage se limite à des tranches pour sandwichs et au Brunost, un fromage au goût caramélisé. En revanche, les fruits sont très peu chers et en juillet c’est la pleine période des framboises, fraises et cerises cultivés sur les bords des fjords. Tandis qu’en août vous pouvez manger des myrtilles du matin au soir.

Et notre plus grand plaisir en Norvège : le barbecue à usage unique, vendu entre 2,50 et 4 euros qui permet de faire quelques grillades le soir en pleine Nature puis de terminer avec des chamallows.

Gestion de l’eau potable et vidange des eaux usées

En Norvège, tout est fait pour les voyageurs en campings car ou en van. Sur tout le territoire vous trouverez des stations de remplissage et de vidange des eaux gratuites. Nous les trouvions via l’application Park4night.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce fabuleux pays ! N’hésitez pas à relire mon précédent article sur la Norvège et à me poser toutes les questions auxquelles je n’ai pas répondu en commentaires !

Bon voyage !

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